Présentation de « No ou le pactole »

Le mercredi 11 janvier 2023 à 19h

Bonjour,

Nous avons le plaisir de vous inviter mercredi 11 janvier à 19h à la présentation  du livre No ou le pactole paru aux éditions La lettre volée en présence de l’autrice, Rachel M. Cholz.

 

No ou le pactole, c’est un texte sur une femme de la rue: Noémie. C’est une observation d’elle et son gang, qui rejeté et contraint de rester dehors, garde une liberté que même les flics envient.

Noémie, elle tue les moustiques et les doigts avec. Il faut le savoir. Quand elle prend un truc, elle tue les deux. Quand elle boit un truc Noémie, elle se boit aussi. Elle se boit le noyau jusqu’au fornix, et là elle s’oublie. C’est le moment où le monde autour redoute et attend qu’il se passe des choses.

Les flics ils aiment bien Noémie. Ils regardent ce qu’ils n’ont jamais été et ce qu’ils ne seront jamais. Un aimé et regretté des deux, parce que c’est sûr qu’ils ont pas ses dents, mais ils ont pas sa liberté. Ils sentent eux-mêmes, bien comme il faut dans leur bleu, qu’ils arrivent même plus à l’arrêter.

No ou le pactole c’est d’abord une observation, puis une extrapolation, proposant tout au long de l’histoire des incarnations multiples. On rencontre d’abord Noémie, puis tous les gens qu’elle côtoie.  Ses proches prennent des noms, des couleurs qui déterminent le contexte de la place. Les actions sont disséminées. Comme on s’arrêterait sur des flashs. Il s’agit de rentrer et de sortir d’un contexte en permanence.

Noémie, elle vivote entre la demande de tunes et ses potes de bancs en bancs.  Ils vivent au jour le jour, tiennent pour le lendemain avec les conflits de la veille.
Croire pour aujourd’hui et boire pour croire demain.
Comme ça,
l e   r é g i m e   à   l a   N o.
 
Le corps n’est plus donné pour la représentation, alors il devient un espace de sensation. Entre la tendresse et la baston.  Mais à force, ça doit toujours frapper plus fort. Parce que pour rester en vie, il faut sentir un peu les coups. Et après c’est le corps qui travaille, qui cicatrise et se répare là où ça a tranché ou pris le béton.


Et ça pardonne pas les cicatrices, surtout quand t’es une nana. Tu vas pas te refaire une réputation avec un beau carré plongeant, ça suffit pas.

No ou le pactole, c’est une ritournelle. Un chant qui rentre dans le bios de la place pour s’imprimer dans le quartier. On suit Noémie qui se répète. On suit Noémie qui se pète tout. On suit Noémie jusqu’à ce que. Car ici la vie se mesure toujours à l’excès. C’est tout.

L’intérieur n’a plus de mise, L’intérieur n’est plus une mise car tout le monde à déjà fait tapis. Alors il ne s’agit plus que d’une question de jeu. De cartes vides. Qu’il faut battre le plus vite possible, pour encore sentir les coups. Sentir les coups, ça rassure. Finalement, arrive le moment où on a envie de perdre, juste pour sentir les coups. Sentir, c’est l’enjeu. La mise, c’est l’envers. Une question d’épaisseur.

Ce texte est à la fois une ode à la survie, à la fois à la dramaturgie de la langue. La langue veut circuler comme le regard, en dénichant les détails à travers la foule. On a souvent tendance à passer par la victimisation quand on traite le sujet de la rue. Ici, il s’agit de montrer autre chose. Des personnalités fortes. Souvent plus fortes que nous. Des personnalités drôles et parfois tendres. Et une certaine solarité, évidemment.