[Cycle anti-carcéral] Présentation du second numéro de la revue « La brèche » : « Des peines et du travail »
Le vendredi 07 février 2020 à 19hNous avons le plaisir d’accueillir, vendredi 7 février à 19 heures, des membres du Genepi Belgique qui viendront nous présenter leur revue intitulée La brèche à l’occasion de la sortie du second numéro. Celui-ci est consacré au travail en prison et a pour objet de rendre visibles les conditions des travailleurs et travailleuses incarcérées.
La rencontre sera l’occasion de revenir sur les pratiques éditoriales ainsi que la démarche du Genepi Belgique, mais aussi, par le biais des contributions de la revue, sur ce qui se trame quant aux conditions de travail au cœur même du système judiciaire.
« En Belgique, tout en bas de l’échelle que parcourt le capitalisme sauvage, il y a les conditions du travailleur clandestin et celles du travailleur incarcéré. Et tandis que les premières forment un invisible rejeté aux marges de l’État, les secondes y forment un invisible en plein cœur !
En prison, le nombre de demandeurs d’emploi dépasse de loin la quantité de travail disponible. Celui-ci se présente non comme un droit, mais comme une faveur. Pourtant, tous les acteurs concernés par le travail en prison y trouvent leur intérêt : il présente des avantages économiques pour les entreprises, il facilite la discipline et la logistique interne pour les établissements pénitentiaires, et il permet une ressource financière ainsi qu’un cadre de vie nécessaires aux détenu•e•s. Il y aurait dès lors tout lieu de poser la question en termes de rapport de forces. Et pourtant (ou justement en raison de cela), les conditions qui permettraient à ce rapport de se former sont systématiquement sapées.
Les relations de travail traversent la prison en son entier. Les revendications des détenu•e•s sont passées sous silence. Celles des agents pénitentiaires — dont on connaît la force syndicale — sont tantôt entendues, tantôt jugées inentendables.
La prison préfigure, concentre et exacerbe les réalités sociales et économiques de notre société. Elle est un laboratoire des mécanismes d’oppression les mieux affûtés. Mais pourrait-elle être un lieu d’expérimentation des moyens de résistance ? La doctrine carcérale en fait le fleuron du cloisonnement, nous avons pour vocation de travailler à son décloisonnement. »
Extrait de l’édito, La Brèche, n°2, Hiver 2020.
Le Genepi Belgique est une ASBL d’éducation populaire qui a vu le jour en 2019 et a pour vocation de participer au décloisonnement de la prison en établissant un lien entre les personnes incarcérées et le monde extérieur. Voir leur site pour plus d’informations.
La présentation sera suivie d’un repas.
Cet évènement inaugure un cycle autour de la prison dans le cadre duquel sont prévues des projections de documentaires ainsi que l’organisation d’un arpentage du livre Le capitalisme carcéral de Jackie Wang, paru aux éditions Divergences.