Gouverner la biodiversité ou comment réussir à échouer. Vincent Devictor.
Le lundi 17 avril 2023 à 19hNous avons le plaisir de vous inviter lundi 17 avril à 19h à Mundo-B (n°26 d’Edimbourg – Ixelles) pour une soirée réalisée en partenariat par Natagora et la librairie Par Chemins et Ruines avec le LIEU-ULB.
Vincent Devictor (CNRS / Université de Montpellier), biologiste, rédacteur en chef de la revue Biological Conservation et auteur d’une thèse consacrée à la prise en charge technoscientifique de la crise de la biodiversité, nous présentera un texte polémique : Gouverner la biodiversité ou comment réussir à échouer. La présentation (45min) sera suivie d’un moment d’échange (45min) et se conclura vers 21h.
A partir de l’analyse des textes et moments fondateurs de la notion de biodiversité, Vincent nous rappelle utilement que l’histoire de l’environnement global est une histoire politique : « Au fond, le rapport de force est relativement stable. Il oppose des populations humaines dominantes à d’autres populations dominées, avec comme moteur un environnement matériel et biologique exploitable à loisir. L’état de cet environnement et des corps qui s’y trouvent faisant figure de simple variable d’ajustement dans un triple mouvement d’exploitation des humains, des non-humains et des ressources naturelles.» (p.18).
Il développe également une critique radicale de la nouvelle gouvernementalité écologique : «Trier, fonctionnaliser, substituer, sont trois des principaux processus de cette reconfiguration. L’abandon de l’écosystème comme machine productive à exploiter laisse place à l’optimisation de la gestion des êtres vivants compris comme membres d’un stock de ressources.» (p.35)
Enfin, il nous fera état de perceptions alternatives à l’approche utilitariste actuellement dominante : « Il y a un lien physique, irréductible entre une proie et un prédateur, entre la lumière et les plantes, les arbres et les champignons. Cette vision est pour moi assez profonde : en détruisant un individu, une population, un habitat, je détruis des liens. (…) Les liens s’incarnent très concrètement dans des corps biologiques. Liens et corps meurent. Ils sont finis et dynamiques. Mais cela ne dit rien des conditions ni des justifications de leurs destructions.» (p.66)