Rencontre avec Catherine Hass autour de « Terres enchaînées, Israël-Palestine »
Le vendredi 20 février 2026 à 19h30Le vendredi 20 février, à 19h30, nous aurons la joie d’accueillir l’anthropologue Catherine Hass pour son livre Terres enchaînées, Israël-Palestine aujourd’hui, publié aux éditions Nous.
Hamza Esmili et Montassir Sakhi, tous deux anthropologues, seront également présents pour discuter avec nous.
Un livre contre l’oubli et l’absentement. L’oubli de la politique ; l’absentement du réel. Une tentative de penser ce qui enchaîne Israël-Palestine, d’en analyser les termes, d’en déplier les rapports. Pensée du conflit et des mots pour le nommer que Catherine Hass creuse et décline, de la théorie au récit, depuis Aujourd’hui la guerre. Penser la guerre : Clausewitz, Mao, Schmitt, Adm. Bush, en 2019, jusqu’à L’offense, en 2023.
Nommer la colonisation de la Palestine, l’occupation de la Cisjordanie, le génocide à Gaza, pour envisager du commun, et faire signe vers le possible donc vers la paix. A travers des articles de circonstance, des entretiens – avec l’historien Omer Bartov, et d’autres, conduits avec Hamza Esmili et Montassir Sakhi, entre Paris, Bruxelles et Ramallah, avec Fareed Taamallah, agriculteur, journaliste et activiste pacifiste, avec Rami. F. Salameh, anthropologue, Chen Alon et Sulaiman Khatib, tous deux fondateurs de Combatants for peace -, ou encore la présentation et la traduction d’une lettre de Franco Lattes Fortini, datée de 1989, adressée aux Juifs italiens, il s’agit toujours de contrer la guerre et ses discours d’anéantissement. Une écriture qui, en se tenant fermement du côté des vivants, retrouve le sens du deuil, de l’hommage aux morts, aux disparus, une écriture de l’égalité radicale des existences pour résister à la déshumanisation, à la fascisation à l’œuvre. Restituer de l’historicité au présent, tenter de faire date autrement pour ôter à la haine son éternité, voilà le geste auquel nous invite ce livre précieux.
« Faire date autrement et sortir de l’impasse politique et intellectuelle signifierait quitter cet espace comme effondré puisqu’il ne propose qu’une polarisation essentialiste faisant fond sur des catégories vides de politique. Quitter cet espace et chercher à constituer la séquence ouverte par le 7 octobre 2023 en une opportunité de penser à nouveaux frais, donc en de nouveaux termes, les coordonnées de la question palestinienne : non plus à partir du cadre de sa Cause et du Palestinien imaginaire, mais des vies palestiniennes réelles de Gaza et de Cisjordanie qui en constituent l’assise, tout en incluant les luttes politiques du Printemps arabe. » (p.29-30)